Ivresse des profondeurs.

Ecrire, c’est hurler sans bruit.

3 notes

Troupe rouge. 1914.

Le glissement des voitures sur les routes innondées. La salle est sombre. Une centaine de sièges rouges nous regardent, quelques spectres qui ont vu un millier de représentations. C’est la première fois que je suis de l’autre côté. Le plateau est rugueux. Avec le temps. Avec l’expérience.
Marcher, marcher, marcher. La tête haute pour rencontrer tous les regards. Je ne peux pas montrer le mien. Mes yeux sont rouges. J’essaye d’éviter, rien n’y fait, je sens leur regard. J’écoute le bruit de nos pas, une dizaine, des dizaines de fois. On dirait une armée. Une armée; Un siècle plus tôt, jour pour jour, la Guerre. Le début de la fin. Un siècle plus tard, le monde est toujours englouti dans la vase noire qui absorbe, étouffe, immobilise, dévore. Mes ancêtres y étaient, aussi, sûrement, sans doute. Les indigènes. Le nom élégant pour désigner toutes les victimes qu’il fallait mettre au front pour protéger les vrais soldats. Ceux qui en valent la peine. Qui ont une famille et des enfants. Les autres ? Sous-peuple.
Ne marchons plus. On s’allonge, on respire. La main entourant le nombril. Petite touche féminine qui m’éloigne de la Guerre. Respirez fort, expirez davantage. La salle devient un endroit à soupirs, halètements. J’arrête, je me tais, je ferme les yeux, j’écoute. La mélodie des souffles.

Levez vous.
Criez l’amour.
“Toi, calme et belle, moi, violent, hasardeux
[…]
Qui dira que nos sorts suivent la même loi ?”

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679 notes

J’ai envie de toi. Pas dans le sens sexuel du terme, mais littéralement. Je veux tes mains sur mon visage, ton souffle dans mon cou, tes lèvres sur les miennes, je veux glisser mes doigts dans tes cheveux, sentir tes jambes contre les miennes, que nous nous enlacions jusqu’au matin. Je veux ouvrir les yeux et te voir, te sourire, t’embrasser.. j’ai envie de toi.
m.p (via beginning-of-nothing)

(via tueslesangdansmesveines)

4 notes

Histoire d’un déclic. Du déclic. Le seul ?

Je ne sais pas comment décrire, ou écrire, ou raconter. Je sais que si j’ouvre la bouche, il n’y aura rien de concret que je puisse exprimer. Les yeux gris m’avaient dit que ce qui m’arrivait ne s’écrivait pas. Ne se notait pas. Ne se listait pas. Ne s’organisait pas. Il m’avait dit qu’on s’en souviendrait simplement, de l’été 2014. J’ai ri. Je sentais qu’il était heureux de me voir ainsi. Et c’est là qu’a eu le déclic. Chez certains ça fait “clic”, chez d’autre “boum”. Chez moi c’est rien. Juste un déclic que je ne reconnais qu’une fois passé. Parce que oui, il est passé. Quand j’ai goûté à la quiétude de ma chambre retrouvée, de la lumière douce qui m’endort, de Camus, Sartre et Duras marqués sur les murs jaunes, quand dans mon lit rôdait le parfum de l’Amour, de mon amour, quand j’ai poussé un soupir de soulagement malgré mon dos qui criait, je me suis rendue compte que l’euphorie s’était écoulée, et que le lendemain serait différent.  
J’ai pris le même chemin, je suis passée par les mêmes rues et j’ai vu les mêmes têtes. Mais Dieu, tout était différent. 

Un nouveau regard pour tout, j’étais heureuse. Et les gens heureux n’ont pas d’histoire, avaient dit un jour les yeux gris. Lorsqu’ils l’ont dit, ses yeux étaient riants, comme ça arrive parfois. Souvent, mais la sincérité du rire n’était pas toujours présente. Alors ça arrive parfois. Je m’étais moquée, moi qui avais une histoire à raconter chaque jour. 
Je suis arrivée en courant presque, je me suis regardée dans la glace. J’avais toujours les mêmes traits, les mêmes cernes. Mais mes lèvres étaient souriantes, et dans mes yeux brillait une lueur nouvelle. Je m’entendis rire.

Que puis-je ajouter ?

Classé dans mes écrits brouillon déclic