Ivresse des profondeurs.

Ecrire, c’est hurler sans bruit.

1 note

Vivante, moi ? (2)

Les éclats de rire, les gorges déployées, les mains qui se caressent, les regards danseurs, les cheveux soyeux, les robes courtes. 
Mon sourire timide, mes mains croisées, le regard observateur, les cheveux ondulés, des converse bordeaux. 

Elle arrive, s’arrête en me regardant, surprise, avant de pousser un cri et se jette dans mes bras, criant que je lui ai manqué. Je suis émue. Je lui caresse maladroitement le dos en sentant cette odeur d’homme mêlée à la cigarette qu’elle porte quotidiennement depuis qu’elle sort avec lui. Je le lui fais remarquer. Elle sourit, pose un baiser sur ma joue, me tient dans la main. “Je dois te raconter”. Elle est vive et rapide, elle tourne en rond et son rire est si joyeux que je ne peux réprimer un sourire. 
La terrasse est large et grande. Il y a quelques couples cachés, trop occupés à s’embrasser et se caresser, il y a d’autres qui flirtent encore, attendant leur tour, et il y a elle qui m’entraîne pour “me raconter”. Depuis plus de deux ans maintenant, je suis son journal intime. Elle dit qu’elle aime me parler, qu’elle trouve que j’ai toujours les bonnes solutions. Que je ne juge pas. Je souris toujours en y pensant. Elle disait “ils sont trop cons” et moi je lui disais qu’il fallait garder l’espoir que moi j’avais perdu. Maintenant, elle rit, et je l’accompagne. 
Elle me parle, comme d’habitude. Elle a toujours cette manie de tordre mon bracelet, de jouer avec, de regarder le vide avant de croiser mon regard. Elle se tait, plisse les yeux pour réfléchir, se souvenir. Je regarde ses cheveux brun foncé danser avec la brise qui nous arrive de la ville. Puis elle se tait, ne sourit plus, elle me regarde. C’est mon tour de parler. De la conseiller. Elle attend. Je dis ce que je pense, elle analyse, les yeux rivés sur mon bracelet. J’oublie la soirée, j’oublie la musique, les rires et la cigarette. Je me donne entièrement. “Tu as raison”.
Reconnaissance. Elle est fatiguée, comme si toute l’énergie s’était estompée au fil de ses paroles. Je sais ce qu’elle veut, j’ai l’habitude, je sais ce qu’elle veut. Elle me suit, nous nous asseyons. Elle se blottit contre moi, elle a laissé tomber son masque, sa comédie de la personne heureuse et un peu bête qu’elle montre à tout le monde. Ce masque qu’on aime et chérit. Dans l’ombre, il n’y a qu’elle, ses doutes, et moi. Elle joue avec mes bagues du bout de l’index, je reste silencieuse, à regarder la ville nocturne, de loin. Je pense à quelque chose. Quelque chose de drôle. Je le lui dis. Je l’entends rire contre mon épaule. Je souris alors et ris à mon tour. 

Je suis vivante.

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5 notes

Vivante, moi ?

Le lieu où je vis est assez différent. A l’heure où j’écris, il 05h39 du matin, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. A travers mes stores, il y a le soleil qui se lève, l’aube, l’heure encore où les rues sont vides et l’air pur, où le bruit des mouettes est encore perceptible avant d’être étouffé ensuite par le bruit des voitures, où la lune et le soleil rejoignent tous deux le firmament.
J’efface la chaleur nocturne et j’aère la pièce salie par les doutes et les longues et interminables réflexions où tout est remis en question, je balaie mes peurs et je m’octroie quelques minutes de repos en regardant cette danse acharnée de ces mouettes qui m’accompagnent depuis des années déjà virevoltant dans tous les sens, affolées, dans un cortège noir et blanc. L’une d’elle passe juste à côté de moi. Mon corps est collé au mur, et je peux ressentir la brise fraiche parcourir chacun de mes membres, tandis que ma tête repose paresseusement sur le dos de ma main. Il y a aussi les discussions qui ont lieu en bas, dans la rue, ou bien les toussotements nerveux de mon voisin, qui accompagne chacune de mes matinées par l’odeur de sa cigarette provoquant nausées. Je tourne le dos à toute la pièce, je ne vois plus derrière moi, moi qui ne supporte pas d’être à découvert, plus rien n’importe que ce que je vois. Je fredonne un air alors et je sens mes yeux rire. Et à ce moment là, précisément, je me sens vivante.

Et progressivement, le bourdonnement des oiseaux laisse place aux capots de voiture qui claquent, aux discussions plus nerveuses, aux bruits de circulation. Le voisin quitte son appartement, les rues s’enflamment et les gens se hâtent. Mon corps s’adosse au mur et s’écroule progressivement, je m’assois à terre, ferme les yeux avant de profiter encore de quelques instants de sommeil.

Le jour s’est installé.

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1 note

Anonyme a demandé: tu n'écris plus ? tu ne publies plus ?

J’écris quand j’ai des choses à dire. Ou à exprimer. 
Rien ne m’intéresse assez pour le publier, mais n’hésite pas à venir me parler anonyme, je suis souvent là.


Un dernier texte se prépare encore. 

66 notes

lesmurscausent:

POÈTES : Jolie citation de Patti Smith, le mur. Enfin, il me semble. Google ne veut pas m’aider, sur ce coup. Par contre, le mur, tu es bien sûr que c’est aussi le bras de Rimbaud qui guide la main de mon petit voisin, quand il tague Ta Mère La Pute ?
St Brieuc 2014

lesmurscausent:

POÈTES : Jolie citation de Patti Smith, le mur. Enfin, il me semble. Google ne veut pas m’aider, sur ce coup. Par contre, le mur, tu es bien sûr que c’est aussi le bras de Rimbaud qui guide la main de mon petit voisin, quand il tague Ta Mère La Pute ?

St Brieuc 2014

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